Depuis une décennie, la reconnaissance des animaux en tant qu'êtres sensibles a marqué une avancée majeure dans le Code civil.
Pour aller plus loin dans leur protection, une déclaration européenne des droits de l’animal a été établie. Labellisée "Ville amie des animaux", la commune des Pennes-Mirabeau, située dans les Bouches-du-Rhône, a choisi de s’engager pleinement en signant ce texte. Ce choix témoigne d’une volonté forte de défendre le bien-être animal et de mettre en place des actions concrètes. Focus sur les initiatives qui font de cette ville un exemple en la matière.
Une mobilisation au quotidien
Il suffit à Marylène de secouer un sachet de croquettes pour voir surgir, en quelques instants, une ribambelle de chats. Nourricière bénévole aux Pennes-Mirabeau, elle fait partie des 34 personnes chargées de veiller sur les félins errants du secteur. « Une fois identifiés et stérilisés, ces chats sont sous la responsabilité de la Ville. Mon rôle est de les nourrir et de m’assurer de leur bien-être », explique-t-elle à France 3. Un engagement qu’elle mène avec dévouement, persuadée qu’un simple geste, comme une caresse, peut faire toute la différence
Les Pennes-Mirabeau, un modèle de ville engagée
La commune a installé 12 hôtels à chats, ainsi que des mangeoires à mésanges et des abris pour écureuils et chauves-souris. Ces initiatives ont valu aux Pennes-Mirabeau d’obtenir le label “Ville amie des animaux”. « Je suis partie d’une page blanche et, petit à petit, j’ai mis en place des actions concrètes qui répondaient à une véritable attente de la population », explique Sylviane Réau, adjointe à la ville en charge de la cause animale.
Pour Michel Amiel, maire (DVD) des Pennes-Mirabeau, la cause animale est avant tout une question de respect envers tout être vivant. Aujourd’hui, les élus proclament officiellement la déclaration européenne des droits de l’animal. Ce texte n’a pas de valeur juridique, mais il marque un engagement fort contre la maltraitance. « Cela influencera la justice et encouragera des décisions prenant en compte l’animal comme sujet de droit », estime Isabelle Terrin, avocate spécialisée dans la défense des animaux.
Un combat encore à mener
Si l’animal est reconnu comme un être sensible depuis 2015, il reste juridiquement considéré comme un bien. Une ambiguïté qui se reflète dans certaines décisions de justice, comme la condamnation d’un jeune ayant mangé une souris vivante à seulement 1 500 euros d’amende avec sursis, sans inscription au casier judiciaire. "Ces décisions sont tout simplement un permis de tuer !" s’indignait Me Xavier Bacquet, avocat de la Fondation 30 Millions d’Amis.
D’autres communes suivent l’exemple des Pennes-Mirabeau. Dans les Bouches-du-Rhône, Sausset-les-Pins fait également partie des signataires de cette déclaration, montrant que la cause animale devient une préoccupation croissante au sein des collectivités locales.
Source : France 3