Samedi 17 janvier 2026, le Centre Athénas, engagé dans la protection et la conservation du lynx dans le massif du Jura, a annoncé la mort d'une femelle lynx prise en charge quelques jours plus tôt. L'animal n'a pas survécu aux graves blessures dont il était victime, vraisemblablement causées par des tirs illégaux et des jets de pierres.
Une femelle lynx grièvement blessée et recueillie par le Centre Athénas
Recueillie le 7 janvier dans le département de l'Ain, la femelle lynx présentait un état de santé extrêmement préoccupant. Si sa petite taille laissait initialement penser qu'il s'agissait d'un jeune individu, les examens vétérinaires ont rapidement confirmé qu'il s'agissait en réalité d'une femelle adulte, très affaiblie par une maigreur extrême.
Les analyses vétérinaires ont mis en évidence plusieurs blessures graves, notamment la perte complète de l'œil gauche à la suite de tirs illégaux, ainsi qu'une atteinte sévère à l'œil droit, compatible avec un choc provoqué par un objet contondant. Malgré les soins prodigués par l'équipe du centre, l'état de l’animal s'est rapidement dégradé, conduisant à son décès. La cause retenue serait une méningite directement liée à la gravité des blessures subies. L'association a déposé plainte pour atteinte à une espèce protégée.
Une inquiétude majeure pour les petits de la femelle lynx
Au-delà de la mort de l'animal, l'attention se porte désormais sur ses petits, dont l'existence a été confirmée. Les équipes de terrain sont actuellement mobilisées pour tenter de les localiser dans les plus brefs délais.
Privés de leur mère, leurs chances de survie sont jugées très faibles, ce qui rend ces recherches particulièrement urgentes afin d'espérer leur apporter une aide adaptée.
Une affaire judiciaire en cours
Un chasseur, membre d'une société de chasse locale du Haut-Bugey, a été mis en cause dans cette affaire. Il aurait reconnu avoir lancé des pierres afin de faire fuir l'animal, tout en affirmant ne pas avoir eu l'intention de lui nuire ni conscience de son état de blessure. De son côté, la société de chasse concernée a tenu à préciser que l'incident ne se serait pas produit dans le cadre d'une action de chasse.
Afin de faire toute la lumière sur les faits, le parquet de Bourg-en-Bresse a ouvert deux enquêtes : l'une pour tentative de destruction illicite d'une espèce protégée, l'autre pour perturbation volontaire d'une espèce animale non domestique relevant de la protection du patrimoine naturel. Les investigations ont été confiées à l'Office français de la biodiversité et aucune poursuite n'a, à ce stade, été engagée.
Photo d'illustration.
Source : Ouest France.
