Alors que la France fait face à un été particulièrement marqué par les fortes chaleurs, la sécheresse et de nombreux incendies, l'Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) demande une trêve pour la faune sauvage. L'association a adressé, lundi 17 août, des courriers recommandés aux préfets de 44 départements métropolitains afin de réclamer la suspension de la chasse dans les territoires les plus durement touchés.
Pour l'ASPAS, les animaux sauvages évoluent actuellement dans des conditions particulièrement difficiles. Les incendies ont détruit ou dégradé certains habitats, tandis que la sécheresse et les épisodes de canicule peuvent réduire les ressources en eau et en nourriture disponibles. Dans ce contexte, l'association estime que la chasse constitue une pression supplémentaire pour des populations déjà fragilisées.
Une suspension de la chasse dans les zones touchées
Dans les courriers envoyés aux préfets, l'ASPAS demande la suspension immédiate de la chasse d'été dans les territoires concernés par les incendies, les épisodes de canicule ou la sécheresse. Elle souhaite également la création de larges zones tampons autour des secteurs touchés.
L'association demande par ailleurs que l'ouverture générale de la chasse puisse être reportée tant que les conditions climatiques restent critiques. Elle estime qu'une période de tranquillité permettrait aux animaux ayant survécu aux incendies de se déplacer et de rechercher plus facilement de l'eau, de la nourriture et des zones refuges.
Cette démarche intervient deux semaines après une demande de moratoire adressée au ministère de l'Écologie par l’ASPAS et quatre autres associations. Elle fait également suite à la pétition "Pas de fusils sur les cendres !", qui a dépassé les 442 000 signatures selon l'association.
Un dispositif prévu par le Code de l'environnement
Pour appuyer sa demande, l'ASPAS invoque l'article R. 424-3 du Code de l'environnement. Celui-ci permet au préfet de suspendre temporairement la chasse dans tout ou partie de son département en cas de calamité, d'incendie, d'inondation ou de gel prolongé susceptibles de provoquer ou de favoriser la destruction du gibier.
La suspension peut être décidée pour une durée de dix jours et renouvelée si nécessaire. L'ASPAS considère que les événements climatiques actuels justifient l'application de ce dispositif et appelle donc les préfets à prendre des mesures au nom du principe de précaution.
La portée de cette interprétation fait toutefois débat. Si les incendies sont explicitement mentionnés dans le texte, la sécheresse et la canicule ne le sont pas. L'ASPAS estime qu'elles peuvent être prises en compte dans la notion de "calamité", mais cette lecture n'est pas présentée comme une règle juridique déjà établie.
Les préfets vont désormais devoir se prononcer
La demande de l'ASPAS est désormais entre les mains des représentants de l'État dans les départements concernés. Il leur appartient d'évaluer la situation de leur territoire et de décider s'il est nécessaire de suspendre temporairement certaines activités de chasse.
Pour l'association, cette démarche répond à un objectif simple : éviter d'ajouter une pression supplémentaire sur une faune sauvage qui doit déjà faire face aux conséquences des incendies, de la sécheresse et des fortes chaleurs. Reste à voir si les préfets concernés donneront suite à cette demande dans les prochains jours.