Les salons du chiot pourraient-ils bientôt disparaître en France ? La question revient sur le devant de la scène alors que les manifestations consacrées à la vente de chiots et de chatons font l'objet de nouvelles critiques. Une proposition de loi visant à interdire la vente de chiens et de chats dans les foires et salons a notamment été déposée à l'Assemblée nationale en mars 2026.

Les salons du chiot dans le viseur

Chaque année, des salons et foires consacrés aux chiens et aux chats sont organisés dans différentes villes françaises. Ces événements permettent notamment à des éleveurs et professionnels de présenter des animaux au public et, dans certains cas, de les vendre directement.

Mais le fonctionnement de ces manifestations est régulièrement dénoncé par des associations de protection animale.

Transport, changement d'environnement, bruit, forte fréquentation, manipulations répétées ou encore présence de nombreux animaux dans un espace limité : plusieurs associations estiment que ces conditions peuvent être particulièrement stressantes pour de jeunes chiots et chatons.

La question des achats impulsifs est également au cœur des critiques. La présence de nombreux animaux particulièrement jeunes et attractifs peut favoriser un « coup de cœur » et conduire à l'acquisition d'un animal sans que le futur propriétaire ait nécessairement eu le temps de mesurer les contraintes liées à son accueil.

Une proposition de loi pour interdire les ventes

Le sujet est désormais également porté au Parlement.

Le 3 mars 2026, une proposition de loi visant à interdire la vente de chiens et de chats dans les foires et salons a été déposée à l’Assemblée nationale. Le texte, enregistré sous le numéro 2557, a été renvoyé à la commission des affaires économiques.

Cette initiative n'est toutefois pas la première à demander une évolution de la réglementation.

En décembre 2025, le député Steevy Gustave avait déjà interrogé le Gouvernement sur l'organisation des salons du chiot, en évoquant notamment les conditions de transport, le stress subi par les animaux et les risques sanitaires. Il demandait notamment si une réglementation plus stricte, voire une interdiction de la vente d'animaux dans ces manifestations, était envisagée.

Une pétition déposée sur la plateforme de l'Assemblée nationale en juillet 2025 demandait elle aussi l'interdiction de la vente de chiens et de chats dans les "salons du chiot/chaton". Elle a finalement été classée après avoir recueilli 657 signatures sur les 100 000 nécessaires pour bénéficier d'une procédure parlementaire spécifique.

Le Gouvernement mise pour l'instant sur davantage de contrôles

Pour autant, il ne faut pas encore parler d'une interdiction des salons du chiot en France.

Dans son plan d'action pour la protection animale présenté le 28 juillet 2026, le Gouvernement a annoncé le renforcement des contrôles dans les foires et salons dédiés aux chiens et aux chats, notamment afin de lutter contre les trafics et les pratiques frauduleuses. Il prévoit également de renforcer la formation des professionnels du secteur animalier.

Autrement dit, la situation actuelle repose davantage sur un renforcement de l'encadrement et des contrôles, tandis que l'interdiction totale de la vente dans ces manifestations fait encore l'objet d'un débat parlementaire.

Des règles existent déjà pour protéger les animaux

Les salons du chiot ne sont par ailleurs pas dépourvus de règles.

Depuis la loi du 30 novembre 2021, l'acquéreur d'un chien ou d'un chat doit notamment avoir signé un certificat d'engagement et de connaissance au moins sept jours avant la cession de l'animal.

Le respect de cette obligation dans les salons fait cependant partie des points régulièrement soulevés par les parlementaires et les associations.

Le Sénat avait déjà consacré une partie de son rapport sur l'encadrement de la vente des chiens et des chats aux petites annonces, foires et salons. Il y souligne que ces modalités de vente restent difficiles à contrôler.

Depuis juillet 2025, de nouvelles règles sanitaires et de protection animale encadrent également les activités liées aux animaux de compagnie. Elles précisent notamment les conditions applicables aux élevages et à la commercialisation des animaux.

Pourquoi certains demandent-ils une interdiction ?

Pour les associations favorables à leur disparition, renforcer les contrôles ne suffirait pas nécessairement à résoudre les problèmes liés au principe même de ces événements.

La Fondation 30 Millions d'Amis a ainsi relancé le débat en septembre 2026 en demandant une interdiction « ferme et définitive » des salons du chiot et du chaton. Elle estime que ces manifestations peuvent favoriser des achats impulsifs et dénonce notamment des pratiques qu'elle considère comme illégales.

L'objectif défendu par les associations est notamment de favoriser une acquisition davantage réfléchie, en permettant au futur propriétaire de prendre le temps de se renseigner sur la race, les besoins de l'animal, son origine et les conditions dans lesquelles il a été élevé.

Une interdiction est-elle donc imminente ?

Non. À ce jour, les salons du chiot ne sont pas interdits en France.

Une proposition de loi visant à interdire la vente de chiens et de chats dans les foires et salons a bien été déposée à l'Assemblée nationale en mars 2026, mais son dépôt ne signifie pas qu'elle est devenue une loi.

En parallèle, le Gouvernement a annoncé un renforcement des contrôles dans ces manifestations.

Le débat porte donc désormais sur deux approches : mieux encadrer et contrôler les salons existants ou aller jusqu'à interdire la vente de chiens et de chats dans ces événements.

Une chose est certaine : la question du bien-être des chiots et des chatons vendus lors de ces manifestations reste au cœur des discussions sur l'évolution de la réglementation française.

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