Beaucoup de chats arborent de petits "gants" ou "chaussons" blancs au bout des pattes, une caractéristique qui les rend immédiatement reconnaissables et souvent très appréciés. Cette particularité n'est pourtant pas anodine : elle trouve son origine dans la génétique, mais aussi dans l'histoire de la domestication du chat.

Une question de génétique : le rôle du gène S (gène piebald)

Les extrémités blanches chez les chats sont principalement dues au gène S, aussi appelé gène piebald, responsable des marquages blancs.

Ce gène influence la migration des cellules pigmentaires (appelées mélanocytes) pendant le développement embryonnaire. Lorsque ces cellules ne migrent pas jusqu'aux extrémités, les zones concernées restent dépourvues de pigment… et apparaissent blanches.

C'est exactement le cas des pattes, du menton, du ventre ou parfois du museau. Plus l'expression du gène est forte, plus les zones blanches sont étendues : certains chats n'ont qu'un petit bout de patte blanc, d'autres arborent de véritables "bottes".

Héritage et variations : pourquoi certains chats oui et d'autres non ?

Les motifs blancs ne sont pas uniformes et dépendent de l'expression individuelle du gène S. Deux chats porteurs de ce gène ne transmettront pas forcément exactement la même répartition de blanc à leurs chatons. Les « gants » sont donc le résultat d'une combinaison complexe entre génétique et hasard. C'est ce qui explique la grande variété de motifs visibles d'un chat à l'autre.

Certaines races ont d'ailleurs standardisé ces marquages. Le Sacré de Birmanie, par exemple, est célèbre pour ses gants blancs parfaitement symétriques, fruits d'une sélection rigoureuse sur plusieurs générations.

Une histoire qui remonte à la domestication

Dans la nature, les chats sauvages ne présentent quasiment jamais de pattes blanches, et ce n'est pas un hasard. Leur survie dépend en grande partie de leur capacité à se fondre dans l'environnement, que ce soit pour chasser ou pour échapper aux prédateurs. Des extrémités claires seraient trop visibles dans les herbes sèches, la végétation dense ou les zones rocailleuses, perturbant leur camouflage naturel. C'est pourquoi les félins sauvages arborent généralement des couleurs uniformes ou tachetées adaptées à leur habitat.

Les marquages blancs seraient apparus davantage chez les chats au moment où ils ont commencé à vivre auprès des humains. Les chercheurs pensent que les chats présentant des couleurs ou des motifs particuliers, dont les zones blanches, étaient parfois spontanément privilégiés par l'Homme car ils paraissaient plus doux, plus "familiers" ou plus facilement reconnaissables.

La domestication a alors favorisé indirectement la présence de ces motifs, qui se sont répandus au fil des générations.

Un motif sans impact sur le comportement ou la santé

Bien que très visibles, ces marquages n'ont aucune influence sur le caractère ou la santé du chat. Il ne s'agit que d'une absence de pigment, sans conséquences physiologiques.

Seules certaines formes extrêmes de dépigmentation (sans lien direct avec les simples chaussons blancs) peuvent être associées à des troubles, comme la surdité chez certains chats blancs aux yeux bleus. Mais dans le cas des extrémités blanches, il n'y a aucune inquiétude à avoir.

 

Que ce soit un simple bout de patte blanc ou quatre chaussons bien dessinés, cette caractéristique est le fruit de l'évolution, de la génétique et de la cohabitation entre humains et félins. Elle contribue à la diversité fascinante des robes félines et fait partie de ce qui rend chaque chat si unique.

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