Dans cet article, nous vous présentons les tumeurs les plus fréquentes chez les chiens et chats : les tumeurs cutanées, sous-cutanées, les mastocytomes, les mélanomes, les fibrosarcomes, etc...

Tout comme nous, les animaux domestiques peuvent être touchés par le cancer. Ou plutôt devrions-nous dire par des cancers qui sont d’origines très variées. Sachez que si nos animaux présentent des similarités avec nous dans le développement de certains néoplasmes (tumeurs mammaires, lymphomes, mélanomes), d’autres seront beaucoup plus rares (prostate) ou au contraire beaucoup plus fréquents (mastocytomes) que chez l’homme. Il existe de même, entre le chien et le chat, des différences dans la fréquence d’apparition ou de gravité des cancers. Alors comment s’y retrouver ? Devenez « incollable » avec ce résumé des principaux cancers qui touchent les animaux de compagnie.

Les tumeurs cutanées et sous-cutanées

Les tumeurs cutanées et sous-cutanées sont une dominante pathologique en cancérologie vétérinaire. Ils représentent 35 à 45% des tumeurs chez le chien et 55% des tumeurs chez le chat. Là encore, il n’y a pas un seul cancer de la peau. Pour la simple raison que la peau est composée de plusieurs types de cellules, aux fonctions diverses. On rencontre donc différents types de cancers en fonction de la cellule d’origine.

Les mastocytomes

Les mastocytomes sont des tumeurs fréquentes chez nos animaux de compagnie. Ils sont issus de la prolifération anormale de mastocytes, des cellules de l’immunité situées dans la peau. Ils interviennent au cours des réactions allergiques ou inflammatoires de type urticaire. Les mastocytomes représentent 15 à 20% des cancers de la peau chez le chien. Par ailleurs, ils sont beaucoup moins fréquents chez le chat avec « seulement » 5 à 10% des tumeurs cutanées. Il faut savoir que les mastocytomes sont des tumeurs polymorphes, à l’aspect très variable. Par conséquent, leur identification clinique est souvent difficile.

Les mélanomes

Les mélanomes sont des tumeurs issues de la transformation des mélanocytes. Les cellules qui pigmentent la peau et les poils via la production de mélanine. Elles représentent 9 à 20% des tumeurs cutanées du chien, et sont plus rares chez le chat (2%). Contrairement à l’homme, l’apparition des mélanomes chez nos animaux de compagnie n’est pas liée à l’exposition au rayonnement solaire ultraviolet, les fameux rayons UVs ! Les mélanomes peuvent être localisés ailleurs que sur la peau. On en trouve fréquemment au niveau de la cavité buccale chez le chien – on parle alors de mélanome oral – ou au niveau de l’œil chez le chat – on parle alors de mélanome oculaire.

Les fibrosarcomes

Les fibrosarcomes sont beaucoup plus fréquents chez le chat que chez le chien. Ils représentent 12 à 41% des tumeurs félines et sont d’ailleurs la 1ère tumeur par ordre de fréquence dans cette espèce. Ce sont des tumeurs sous-cutanées, issues de la transformation des fibroblastes, des cellules qui synthétisent entre autres le collagène. On les retrouve souvent dans la région interscapulaire (entre les épaules), ou sur les flancs du chat. Elles sont très infiltrantes et envahissent fréquemment les tissus musculaires situés à proximité. Il faut savoir qu'il est important de les déceler le plus tôt possible. En effet, leur traitement se fait par chirurgie. Par conséquent, plus vite on les enlève, plus on a de chance d’enlever la totalité de la tumeur. Enfin, on peut prévenir le risque de récidive locale, c’est-à-dire la repousse de la tumeur au même endroit.

Les carcinomes épidermoïdes

Le carcinome épidermoïde représente 17 à 25% des tumeurs cutanées chez le chat et 5% chez le chien. Une exposition chronique au soleil est reconnue comme un facteur favorisant son apparition. C’est la raison pour laquelle les chats blancs y sont particulièrement exposés. Pour eux, le risque de développement d’un carcinome épidermoïde serait multiplié par treize. Le carcinome épidermoïde touche essentiellement la truffe et les oreilles chez le chat. Par ailleurs, chez le chien, on le retrouve davantage au niveau du chanfrein ou des doigts. Et plus particulièrement chez les grandes races à robe noire.

Les tumeurs mammaires

Les tumeurs mammaires sont une dominante pathologique aussi importante que les tumeurs cutanées. Selon les études, chacun de ces deux types de tumeurs se classe premier ou deuxième par ordre de fréquence. Elles sont particulièrement importantes dans le domaine de la gériatrie et représentent 50% des tumeurs chez les chiennes âgées. La moitié d’entre elles sont bénignes c’est-à-dire qu’elles ne sont pas cancéreuses. L’autre moitié est dite « maligne ». Elles sont donc cancéreuses et peuvent métastaser dans d’autres organes du corps. Chez la chatte, les tumeurs mammaires arrivent en troisième position par ordre de fréquence après les lymphomes et les tumeurs cutanées. De plus, près de 90% d’entre elles sont des tumeurs agressives.

Chez la chienne, les tumeurs mammaires se présentent le plus souvent sous la forme d’un ou plusieurs nodules de taille variable au niveau des mamelles. On peut les déceler facilement par une palpation des mamelles. Il n’est pas rare qu’une chienne ait plusieurs tumeurs, sur des mamelles différentes. Dans 60% des cas, ce sont les deux mamelles caudales (les plus en arrière) qui seront touchées. Ces tumeurs chez la chienne peuvent aussi apparaitre sous une forme beaucoup plus agressive et être associées à une inflammation, une chaleur et une rougeur de la peau. On parle alors de carcinome mammaire inflammatoire. Il faut savoir que cette entité est proche du cancer du sein inflammatoire que l’on rencontre chez la femme. Ainsi, chez la chienne, la stérilisation vis-à-vis des tumeurs mammaires a un rôle protecteur majeur. Ainsi, pour une chienne stérilisée, le risque de développer des tumeurs mammaires par rapport à une chienne non stérilisée est de 0,5% si l’ovariectomie est réalisée avant les premières chaleurs, 8% entre les 1ère et 2ème chaleurs et 25% entre les 2ème et 3ème chaleurs.

Les hémopathies malignes

Les hémopathies malignes désignent les cancers du sang – ou leucémies – et les cancers des organes hématopoïétiques, c’est-à-dire les organes qui produisent les cellules sanguines comme la moelle osseuse, les ganglions lymphatiques et la rate. Les cancers des ganglions lymphatiques sont appelés lymphomes. Chez le chien, le lymphome représente plus de 20% des tumeurs et 80% des hémopathies malignes. La forme la plus courante s’appelle « lymphome multicentrique » et correspond à un cancer touchant plusieurs ganglions lymphatiques périphériques (palpables sous la peau). Les lymphomes multicentriques représentent 70 à 80% des cas de lymphomes canins. Les autres lymphomes touchent des ganglions lymphatiques profonds. Ils sont situés au niveau digestif ou dans le thorax par exemple.

Notons que chez le chat, le lymphome est l’hémopathie maligne la plus fréquente et la seconde tumeur par ordre de fréquence après le fibrosarcome. Par ailleurs, il peut se manifester sous différentes formes cliniques avec une atteinte digestive, thoracique, rénale ou nerveuse. Contrairement au chien, l’atteinte ganglionnaire est très rare. Chez le chat, les lymphomes sont très souvent d’origine virale, avec un rôle majeur du virus de la leucose féline (FeLV) et du virus du sida du chat (FIV).

Les autres cancers

Notons que les autres cancers pouvant affecter les animaux de compagnie sont des tumeurs buccales (6-7% de l’ensemble des tumeurs chez le chien, 3% chez le chat), des tumeurs osseuses (5% des tumeurs rencontrées chez le chien et le chat), des tumeurs intestinales ou encore des tumeurs testiculaires ou ovariennes... Enfin, la liste est longue et non exhaustive.

Dans tous les cas, rien ne remplace une visite chez votre vétérinaire traitant !

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